La permaculture

La permaculture

  La permaculture est un nouveau concept de jardin potager qui commence à faire son effet chez les professionnels qui vivent de leurs productions. Très proche du respect de l’homme et de la biodiversité, cette culture écologique serait un nouveau moyen de jardiner efficacement en respectant l’environnement. Elle s’adresse aux personnes qui ne veulent pas trop en faire, même si cela nécessite une dose d’effort pour la pré-installation.

 

 

 

  1. Qu’est-ce que la permaculture ?

  2. Pourquoi cultiver en permaculture ?

  3. Par quel bout commencer ?

 

Qu’est-ce que la permaculture ?

 

La permaculture signifie “culture permanente”. Elle permet une résilience (renaissance) de son jardin sans prodiguer un effort considérable. En d’autres termes, c’est jardiner en s’appuyant sur l’aide de la nature.

 

Cette méthode “systémique” fait interagir plusieurs éléments d’ordre naturel en son sein. Son étymologie prend ses racines en 1970. Bill Mollison et David Holmgren contractent alors le terme “agriculture permanente” tout en théorisant ce modèle. La permaculture mélange habilement 7 notions qui permettent une pérennité sur le long terme. Une harmonie entre celles-ci est ainsi créée.

L’objectif est d’ancrer un avenir écologiquement soutenable dans la lignée du développement durable. L’essentiel est d’agir le moins possible sur l’écosystème, tout en répondant aux besoins de l’homme.

 

Un schéma en forme de fleur est souvent proposé sur des sites spécialistes. On notera dans les 7 pétales ces notions supplémentaires suivantes :

  • communauté
  • habitat
  • technologie
  • éducation
  • santé
  • économie
  • environnement

 

 

La permaculture est totalement autonome en matière d’énergie et requiert que très peu la main de l’homme. Le jardin se renouvelle chaque année, d’où le terme “résilience”. Le permaculteur rejette tout ce qui est artificiel. Tout usage de produits phytosanitaires est déconseillé et vous ne verrez aucune ligne droite dans leurs parcelles. Cependant, l’installation, que nous développerons plus bas, nécessite du temps, pour un résultat écologique, esthétique en plus d’être utile.

Bien que certains l’apparente à un mode de vie “hippie”, c’est une philosophie louable. Dans celle-ci, animaux, insectes, êtres humains, plantes et micro-organismes vivent en harmonie dans un environnement sain et auto-suffisant. La permaculture dépasse le cadre du jardin : on vit avec et dans la nature.

Chaque emplacement des plantes est calculé (culture associée) et elles entrent en interaction selon les choix du permaculteur. Toutes les ressources naturelles sont utilisées à bon escient.

 

La permaculture rassemble les notions que sont l’écologie, le paysagisme, l’agriculture biologique, le biomimétisme, l’éthique, la philosophie et la pédagogie.

 

Enfin, cette nouvelle méthode de jardiner a trouvé son public. Des associations (Brin de paille, Actidinia, Kiwi Nature) et des festivals y sont consacrés. “Le printemps de la permaculture” a proposé en juin dernier des activités et des conférences autour de ce sujet pour inciter le plus grand nombre à se lancer. C’est la preuve que la permaculture a su s’imposer sur le devant de la scène.

 

 

 

 

Pourquoi cultiver en permaculture ?

 

Cette méthode est souvent louée pour ses bienfaits écologiques, mais quelles sont les véritables retombées de la permaculture ?

 

Premièrement, s’y lancer est un gage de qualité biologique et écologique. En d’autres termes, vous aurez fait un geste pour la planète pour manger sainement. Elle relève plus d’une philosophie de vie qu’une passion ou un passe-temps.

Deuxièmement, c’est un jardin autonome. Cela signifie que ce n’est pas la peine de trop s’en occuper, d’aller arroser tous les soirs et de prodiguer des soins constants. Si on manque de temps, la permaculture est idéale, car le but est de jardiner que le week-end ! Cependant, il ne faut pas le négliger car il peut rapidement devenir un vrai désordre et des plants peuvent prendre le dessus sur d’autres. La nature reprend ses droits donc des précautions sont à prendre.

Troisièmement, le contact avec la nature est exacerbé. Un écosystème vit dans le jardin, et par conséquent, apporte une dimension éducative pour les enfants.

 

 

 

Vous l’aurez compris, il faut vraiment aimer la nature. On délaisserai presque la récolte de légumes qui est tout de même le sujet initial.

La permaculture ne s’adresse pas à tout le monde. Les personnes méticuleuses auront de l’appréhension quant au « désordre » des végétaux et à l’absence de symétrie marquée. En revanche, il existe des supports de cultures (Spirale, butte) qui permettent une hiérarchisation et offrent un certain esthétisme, ce qui peut leur convenir. Le débutant, lui, pourrait s’y perdre et ne pas réussir après multiples tentatives. La permaculture lui est déconseillée car il faut bien connaître les types de plantes et savoir les organiser correctement.

Il s’agit d’être motivé pour s’y lancer de la bonne manière.

Car oui, la permaculture a un coût élevé et nécessite de l’investissement lors de son installation. La construction de supports de culture (buttes, spirale aromatique, trou de serrure, ou mare) est vivement recommandée mais son utilisation et élaboration relèvent d’une technique délicate à affûter. On entend par là le renouvellement du compost et des déchets organiques, et un savoir-faire pour organiser les buttes en lasagnes. Si vous ne voulez pas vous y risquer, il faudra fixer des objectifs plus atteignables. Sachez qu’il existe des formations pour débutants et des structures déjà montées dans le commerce.

La clé est de bien réfléchir et de prévoir un budget de base.

 

Des problèmes rencontrés

 

La permaculture peut aussi amener à des déceptions si l’étape de l’organisation n’est pas respectée. Si un végétal n’est pas à sa place et qu’il nuit plus qu’il n’aide, alors c’est tout le principe qui s’effondre. Le jardin s’en trouvera désorganisé, bien qu’on peut toujours recommencer si ça ne va pas.

Il vaut mieux débuter par un potager ordinaire. Vous retrouverez toutes les étapes sur l’article du site pour vous faire la main. Lorsque vous acquiererez assez d’expérience, vous pourrez vous lancez dans la culture permanente.

 

Dès lors, quel serait l’idéal entre un potager et la permaculture ? Un potager se consacre plus à la culture véritable des légumes et des denrées. L’objectif premier est le rendement. La permaculture apporte un plus. C’est de travailler avec son environnement et d’être respectueux envers la biodiversité. Bien sûr, un jardin peut être traité avec des produits biologiques mais la culture permanente s’y intéresse sous un autre angle.

 

C’est pour cela que nous vous proposons quelques astuces et étapes pour commencer sa permaculture.

 

 

Par quel bout commencer ?

 

Nous allons vous donner quelques méthodes pour réaliser une ébauche d’un jardin en permaculture.

 

Étapes :

Une  » règle d’or  » est à retenir : UNE permaculture, UN permaculteur. Elle est personnelle, il n’y en aura pas deux similaires. N’essayez pas de copier le voisin, ce n’est pas la bonne solution.

Pour se lancer, prenez les bases d’un potager normal, à savoir la délimitation, le type de sol… Il s’agit, en priorité, de bien définir votre environnement et de voir quels éléments de votre terrain peuvent coopérer. Où sont les atouts, les points faibles ? Lesquels puis-je mettre en relation ? Comment je pourrai augmenter les interactions de la biodiversité ? C’est la phase d’observation et de définition du jardin.

Une astuce de permaculteur pour connaitre le type de sol est de se référer aux plantes bio-indicatrices*.

C’est alors qu’il faudra déterminer des supports comme des buttes, casier en bois, mandala, trou de serrure. En revanche, ils sont plus réservés aux jardiniers experts. On vous rassure, ces supports sont facultatifs et le jardin peut s’effectuer à même le sol.

 

 

12m² pour tester la permaculture semble idéal. Le terrain doit aussi d’être de bonne taille mais toutes les permacultures peuvent s’adapter. On peut même en faire sur les balcons. Vérifiez bien votre surface car tout est utile :  une ancienne étable, un verger à l’abandon ou un parking qui ne vous sert plus, tout peut être recyclé pour se lancer.

 

Vient ensuite le zonage : 5 zones sont obligatoires pour le permaculteur. La première désigne l’endroit où la main humaine agit fréquemment. Plus on avance, moins on touche au jardin jusqu’à arriver à la zone 5 qui représente “la forêt”, les buissons, que l’homme ne touchera pas. C’est la plus éloignée de l’habitation.

Ces étapes primordiales se solderont par la réalisation d’un plan détaillé, recensant tous les facteurs, les plantes (compagnes), et les supports de culture.

Enfin, comme la permaculture se base sur le biomimétisme, il faut imiter et reproduire la nature dans le jardin. C’est pour cela que conserver un endroit naturel intact est nécessaire. Pour cela, il s’agit de jouer sur les ressources naturelles déjà présentes dans les bois. Prenez du temps pour planter du phlox, des buissons de baies, de graines et autres fruits des bois. Ils seront destinés à la consommation des animaux, oiseaux et insectes, et non humaines. Les buissons de mûres, framboisiers, cerisiers ou sorbiers des oiseaux semblent être des bons points de départ pour les attirer et les faire rester.

 

Quelques astuces :

 

Des conseils sont à prendre en compte pour perfectionner ce tout nouveau jardin.

 

D’une part, il s’agit de mettre ensemble des plantes compagnes* qui s’auto-entretiendront. Certaines légumes préfèrent pousser côte à côte et la culture d’herbes aromatiques ou de fleurs est un atout. Et nouveauté ici, les animaux domestiques comme les poules, moutons ou chèvres sont d’une grandes aide pour l’entretien du jardin. Ils débroussaillent les parterres et tondent la pelouse. Une précaution est à prendre car ces derniers peuvent manger l’écorce des arbres et les fleurs….

D’autre part, il faut ramener des auxiliaires*. Une mare est l’idéal. Elle attire les grenouilles, poissons, oiseaux… et forme un écosystème à côté de votre jardin. Attention, le plan d’eau nécessite un entretien régulier et une grande surface.

 

 

 

Autre idée pour se développer, l’agroforesterie* (Mode de culture qui combine arbre et jardin/élevage). Ce procédé est utilisé par les agriculteurs experts mais rien ne vous empêche de planter un arbre au milieu de votre jardin…. Ce qui entre en opposition avec ce que nous vous indiquions sur le potager. Et pourtant avoir un arbre permet de ré-oxygéner et d’apporter à la terre de nombreux nutriments pour les cultures. Là encore, des critères et un entretien rigoureux sont de mises. L’ombre, le feuillage, les racines et la taille doivent être pris en compte. Un jardinier débutant doit faire très attention s’il veut avoir un rendement à la fin de l’année.

 

Le sol des cultures et les sentiers doivent être obligatoirement recouverts par du paillis ou du mulch car la terre doit conserver son humidité. Pour garder un aspect naturel, vous pouvez toujours investir dans des plantes couvre-sols, du gazon ou des minéraux. Un récolteur d’eau de pluie peut être installé pour compléter cela. Elle sera utilisée pour arroser par la suite si besoin est.

 

 

 

 

Au niveau des supports de culture, il faut bien les choisir. Il est préférable de cultiver en hauteur, sur des buttes ou des treillis à hauteur d’homme.

Le permaculteur sait aussi utiliser les bienfaits des plantes, et n’hésite pas à préparer des décoctions, du compost et du purin pour ses cultures.

 

En complément, vous avez d’autres sites spécialisés comme Permaculture Design, ou des associations comme Brin de Paille qui pourront vous faire part de leurs expériences. Pour en savoir plus, ces fermes offrent des formations sur place : Fermes d’Avenir, la Ferme du Bec Hellouin , la Ferme du Bouchot, Horizon Permaculture, et l’Université Populaire de Permaculture.

 

Quand vous vous serez lancé dans la permaculture, n’oubliez pas d’aller jeter un œil sur cette plateforme de mise en relation dans l’agro-alimentaire pour vendre occasionnellement vos productions ! Bon courage et bonne récolte !

 

* (Lexique)


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