Se lancer dans le jardinage n’a rien de compliqué. Beaucoup de français disposent d’un carré d’herbe ou d’un grand espace pour cultiver ou planter des fleurs. La plupart les utilisent pour créer un potager et ainsi avoir une récolte personnelle. Même si jardiner est assez aisé, il y a quelques anecdotes et étapes qu’il ne faut pas omettre. Nous allons donc faire le point dessus afin de vous aider à vous lancer pour avoir “la main verte”.

 

 

  1. La création du potager : les étapes

  2. Des astuces utiles pour renforcer ses cultures.

  3. Les avantages et les inconvénients du jardinage

  4. Extra : Un mini – potager sans jardin, c’est possible.

 

La création du potager : les étapes.

 

Tout d’abord, il faut avoir l’organisation du potager bien défini. Il faut commencer avec des petites parcelles, qu’on pourra agrandir dans un futur proche. Prévoyez donc de la place. 100 m² de potager s’avèrent être le minimum pour une famille de 4 personnes, mais 30 et 40m² suffisent pour un jardinier débutant.

 

Après la taille, il faut choisir l’emplacement qui sera de préférence plat et ensoleillé pendant une bonne partie de la journée. La maison du voisin, un mur ou des arbres sont des facteurs d’ombre qu’il vaut mieux éviter. De plus, ces derniers peuvent gêner le travail de la terre à cause de leurs racines. Le potager sera sur une surface plane pour qu’il draine facilement.

 

Ensuite, il s’agit de prendre connaissance du terrain en déterminant le type de sol et quel entretien il demandera. Attention, la terre change selon la région. Il y a 4 types de sol, et la combinaison de ces derniers se nomme “Terre franche”*. Elle est très recherchée par les agriculteurs professionnels pour son incroyable fertilité.

 

Les types de sols

 

 

Ils ont chacun leurs avantages et leurs inconvénients auxquels il faut remédier :

  • La terre argileuse est lourde, grasse et difficile à travailler si elle regorge d’eau. Mais c’est ce qui fait sa force car elle retient aussi les engrais et les éléments fertilisants naturellement présents.
    • Pour faire au mieux, il faut la bêcher avant l’hiver et la compléter en éléments organiques. On peut aussi la drainer quand c’est nécessaire.
  • La terre sableuse, est, a contrario, très sèche et demande un arrosage récurrent. Elle retient mal les éléments solubles tels que les fertilisants. Cependant, elle est très facile à travailler.
    • Voilà comment on règle ces soucis : beaucoup d’arrosage tout en apportant des engrais azotés et des matières organiques en abondance.
  • La terre calcaire est, elle aussi, pauvre en éléments fertilisants et devient boueuse par temps de pluie. Elle est bien drainée et facile à travailler.
    • Pour contrer ces problèmes, le must est de fertiliser et bêcher avant l’hiver. Par contre, ce type de sol ne convient pas à toutes les plantes. Il faut privilégier celles qui tolèrent une réaction alcaline comme les carottes, choux de Bruxelles, les fèves, la lavande, le persil ou le romarin.
  • La terre humifère est un peu plus complexe à travailler puisqu’elle est très humide si elle est mal drainée et certaines plantes ne pousseront pas sur ce sol acide. Même si elle retient l’eau en quantité, elle s’avère facile à bêcher.
    • La priorité est de corriger l’acidité par chaulage* et drainer quand c’est nécessaire. Les aubergines, le cerfeuil, les concombres, melon ou radis s’adaptent bien à l’humus.

 

 

L’agencement

 

L’emplacement désormais analysé et le type de terre identifié, il convient de délimiter le potager en le débarrassant de tous les cailloux et adventices*. Suite à ce “nettoyage”, laissez la parcelle durant une nuit entière avant de planter des graines ou des plants qu’on arrosera abondamment. En revanche, il faut structurer les espèces.

Les plantes vivaces* ne doivent pas être mélangées avec les plantes annuelles, il est préférable de les planter en bout de culture. D’où l’intérêt de faire marcher sa créativité en dessinant un plan.

Les légumes et fruits seront répartis en petites parcelles, plus faciles à cultiver et espacées par un chemin d’accès. Des plans de potagers sont disponibles sur Internet. Pour faciliter la tâche, des “caisses” en bois de 30cm de haut sur 1,20cm de long sont disponibles dans le commerce afin d’y planter à l’intérieur.

 

Pour débuter, il vaut mieux se lancer dans la culture de légumes “faciles”, tels que les radis, tomates, salades, carottes ou les haricots verts. Au niveau des fruits, la fraise et la rhubarbe demandent que peu d’entretien.

 

Les plantations

 

Quand vous serez un jardinier aguerri, vous pourrez accompagner ces plants d’herbes aromatiques ou de fleurs pour repousser les nuisibles. Mais d’autres critères entrent en jeu comme faire attention à l’ombre provoquée par les plants les plus hauts comme les tomates. Il s’agit de bien classifier ses légumes et fruits. Les plus grandes plantes au nord et les plus petites au sud.

Si vous vous lancez dans la culture écologique, 4 étapes sont à réaliser:

  • Le type de légumes : Nous avons les légumes feuilles, les légumineuses et les légumes racines. Les vivaces se rajouteront aussi dans cette catégorie.
  • La rotation des plants : Il s’agit, sur une durée de 3 ans, de changer de place les 3 familles de légumes selon un calendrier défini. Attention à ne pas intégrer des vivaces dans la rotation. Les légumes racines épuisent le sol, il faut donc l’enrichir en plantant l’année d’après des légumes feuilles qui ont besoin d’azote, mais vous pouvez auparavant mettre des légumineuses qui en produisent pour préparer la terre. Soit vous la préparez avant, soit vous l’enrichissez après. Formule 1: Feuille, Légumineuse, Racine en année 1. En année 2, Légumineuse, Racine et Feuille. En année 3, Racine, feuille, légumineuse. Pour la formule 2, inversez les légumineuses avec les feuilles.
  • La forme végétative : Les plants hauts, les légumes qui couvrent le sol, larges feuilles, fânes…
  • La densité de la plante (hauteur, largeur…)

 

Le calendrier des plantations sera complété de dates comme celle de l’hiver, des gels printaniers mais aussi de quand planter ses fruits et légumes selon leur saison.

 

Désormais, il ne vous reste plus qu’à travailler la terre. Avant de le faire, matérialisez vos sentiers entre vos plants. Continuez en délimitant les contours, désherbez et enfin retournez la terre avec une bêche. Il existe désormais une bêche écologique, la grelinette, qui travaille en profondeur afin de ne pas perturber les organismes vivants dedans. Cet outil fait moins mal au dos du fait de son mode de fonctionnement.

Il ne vous reste qu’à attendre une nuit pour planter des graines que vous arroserez abondamment le lendemain !

Un jardin potager peut être réalisé en permaculture, une nouvelle méthode biologique et naturelle.

 

Des astuces utiles pour renforcer ses cultures.

 

Ne négligez pas certaines astuces pour conserver le potager sur le long terme. Même s’il existe des pesticides et des insecticides pour parvenir à vos fins, des méthodes plus naturelles sont envisageables. Des “plantes compagnes”* en passant par les insectes auxiliaires* et les petits animaux, on peut peaufiner son potager au maximum.

 

 

Commençons par le compost. Le fond du jardin est idéal pour y placer un bac dans lequel vous déposerez tous vos déchets écologiques. Ils produiront un bon terreau d’ici quelques années. Cet amendement naturel apporte de l’azote, du potassium et du phosphore en quantité et se mélange avec la terre lors du bêchage. Les vers de terre sont d’une grande utilité. Vous pouvez toujours vous lancer dans un élevage si le cœur vous en dit, même s’il y a de nombreux critères à respecter.

 

Insectes

 

Les insectes ne détruisent pas systématiquement vos plantes. Certains sont des insectes “auxiliaires” en raison de leur utilité au jardin et éloignent les doryphores, limaces et autres pucerons. La coccinelle (d’Europe) et les osmies (abeille solitaire) seront les bienvenus au jardin tout comme les chrysopes, les papillons, les perces-oreilles, grillons, autres scarabées, sylphes et bombyles. Tout ce petit écosystème peut être attiré par des plantes ou par le biais d’un hôtel à insectes. Cette structure à poser avant le printemps est très utile si le jardin n’offre pas de recoins feuillus où les insectes peuvent se cacher. Très vite, l’hôtel sera peuplé d’habitants qui aideront au jardin même si son efficacité est quelquefois remise en cause. N’oubliez pas de planter des fleurs pour attirer les abeilles, ou alors lancez-vous dans l’apiculture si vous en avez le courage !

Si le coût est trop élevé, les herbes aromatiques dissuadent les nuisibles de venir se servir dans le potager. L’aneth, le basilic, la ciboulette, la menthe, le romarin et le thym s’avèrent très efficaces, tout comme la capucine et l’oeillet d’Inde, de belles fleurs jaunes qui éloignent les pucerons.

 

Mammifères et oiseaux

 

Les petits animaux et les oiseaux sont des atouts majeurs au jardin. En plus de le défendre, ils se nourrissent des insectes nuisibles.

Les oiseaux ont besoin d’eau et d’une mangeoire pour rester, un nichoir est un bonus. Cependant, ce sont des alliés à double tranchant car ils picorent les graines et les fruits du verger. Pour les faire fuir, des solutions existent comme le traditionnel disque ou l’épouvantail.

Les souris, rats et musaraignes ont besoin de se cacher, d’où l’utilité de planter de grandes haies (fleuries) prévues à cet effet.

Le lézard aime le lierre et le hérisson trouve refuge dans des trous ou des abris. On peut l’appâter avec une mangeoire, en faisant attention à la nourriture qu’on met dedans. Le pain et le lait sont à prohiber car toxiques pour le petit mammifère. L’écuelle sera agencée de telle sorte que les chats et les chiens ne peuvent venir manger dedans. Bien qu’ils soient de bon compagnons, ces derniers peuvent ravager un jardin en un rien de temps.

 

 

 

 

On peut repousser les animaux de compagnies de nos précieuses cultures. D’une part, en clôturant le jardin, d’autre part, en les faisant fuir avec des fleurs et des plantes. C’est le cas de la mélisse (anti-moustique et puceron), l’immortelle, la rue officinale ou le berbéris.

 

Au sein même du jardin, il faut faire attention à bien trier ses plantations, car certaines ne supportent pas d’être voisine. Mais d’autres appelées “plantes compagnes”  poussent ensemble. Au même titre que la Milpa en Amérique du sud, vous pourrez bientôt faire la même chose dans votre jardin. Par exemple, le concombre pousse avec le haricot et les pois. Et il est préférable de ne pas laisser la courge seule. La salade et la capucine sont de bonnes compagnes pour elle. Enfin, la carotte pousse avec le radis et la salade et fait bon ménage avec tout le monde, a contrario des pommes de terre qui ne sont guère appréciés des aubergines et des épinards.

Il s’agit donc de réaliser un judicieux mélange entre toutes ces fleurs et astuces pour permettre au potager de s’épanouir durant toute l’année. La rose trémière, la rudbeckia et la lavande sont décoratives et faciles à faire pousser en parallèle du potager. Cependant, tout cela demande du travail et du temps…

 

Les avantages et les inconvénients du jardinage

 

Le fait de s’occuper de son potager est un passe-temps, qui peut rapidement devenir une passion.

Il permet d’avoir de bons aliments, cultivés par le jardinier lambda qui sait ce qu’il va manger une fois cuisinés. Il les traitent par choix, avec ses propres produits phytosanitaires  (biologiques ou non) pour pérenniser ses récoltes. Les fruits et légumes du jardin sont ceux qui font l’unanimité dans nos assiettes, toujours plus appréciés par la famille que ceux du commerce.

En revanche, “jardiner” peut devenir une contrainte aux personnes impatientes et peut provoquer quelques “maux”. Il faut s’attendre à ce que la récolte puisse être amoindrie à cause des aléas météorologiques, par des insectes nuisibles, ou par une attaque d’oiseaux gourmands. Le producteur débutant aura forcément des déceptions, sauf que comme tout travail manuel, l’expérience s’acquiert au fur et à mesure. Le potager ne demande qu’à s’agrandir et à repousser.  Si on arrive à bien s’en occuper, il n’y a pas de raison de ne pas le réussir ! Des nouvelles innovations sont disponibles en magasin pour éviter de se faire mal au dos. Travailler la terre est évidemment salissant, pour un très bon rendement et une satisfaction certaine au bout.

 

Enfin, la culture permet aussi l’échange, et apporte une dimension sociale. Tous les jardiniers ou voisins se donnent des astuces pour réussir, et s’offrent parfois leurs productions. Les jardins communautaires ont aussi été créés pour renforcer cela en donnant l’opportunité de travailler la terre à ceux qui n’ont pas de place. Il est possible désormais de vendre les productions sur des marchés et par le biais de circuits courts*, dont la part est en constante augmentation.

 

Extra : Un mini – potager sans jardin, c’est possible.

 

Si vous n’avez pas de jardin ou de place adéquate, il existe toujours des solutions pour jardiner.

Vous avez plusieurs choix: rejoindre un jardin communautaire pour cultiver avec d’autres personnes ou investir dans des pots ou des jardinières.

 

La culture en pot

 

Les plantes aromatiques (menthe, basilic) s’y acclimatent bien tout en parfumant l’intérieur. Pour les légumes, certains se cultivent aussi dans des pots. Attention, car selon sa profondeur, sa taille, son volume ou sa matière, il faudra plus ou moins adapter son mode de culture aux jeunes pousses. Par exemple, les pots en terre cuite sont préférés des plantes qui aiment la terre sèche tandis que ceux en plastique retiennent bien l’humidité. Ils sont aussi lavables facilement si on veut changer de culture. Il existe aussi des pots en pierre qui sont plus utilisés pour l’esthétique. Dans ce cas là, une terrasse est nécessaire ainsi que des trous dans le fond pour drainer l’eau.

 

Quoi planter…

 

Il y a certains critères à retenir avant de se lancer dans la culture de légumes et surtout savoir lesquels supportent ce mode de croissance. Nous avons par exemple:

  • Les tomates cerises : qui ont besoin de 5h de soleil par jour.
  • Les haricots verts : où un pot de 30cm est nécessaire et ils nécessitent beaucoup d’eau et de soleil ainsi qu’un treillis car c’est une plante grimpante.
  • Les poivrons et piments : qui demandent peu d’entretien et de l’engrais.
  • Les petit-pois : comme le poivron.
  • Le concombre : Pour sa culture, il est nécessaire de rajouter du terreau horticole, et de lui prodiguer un arrosage régulier avec une bonne exposition au soleil.

 

Au niveau des fruits, la culture de fraise et de citron est possible. Il suffit de planter le fruit rouge dans un pot de 20cm minimum de profondeur, tandis que pour le jaune, c’est 45cm minimum.

 

… Et quand ?

 

Vous êtes maintenant fin prêt à vous armer de votre râteau et de votre bêche pour commencer à cultiver. Si vous avez le désir de partager et de vendre vos productions, rien ne vous empêche de faire un tour sur une plateforme de mise en relation spécialisée dans les fruits et les légumes pour les vendre à proximité de chez-vous! Bonne cueillette et bonne chance!

 

* (Voir Lexique)

 

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